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E-liquide sans nicotine : composition, usage et risques

By 19 octobre 2026E liquide
Une jeune femme verse un liquide clair à partir d’un flacon dans un petit compte-gouttes sur une table.

Sommaire

Un e-liquide sans nicotine garde les saveurs et la vapeur, mais pas l’apport de nicotine du liquide. Sa composition, son format et sa compatibilité avec le matériel se vérifient comme pour tout liquide, et il peut aussi se préparer avec les bases et concentrés du rayon DIY de Cigatronique. Son aérosol comporte des risques connus, et d’autres encore mal caractérisés.

Que contient un e-liquide sans nicotine ?

Les e-liquides sans nicotine reposent sur une base, des arômes et parfois d’autres ingrédients. Leur composition associe généralement du propylène glycol (PG) et de la glycérine végétale (VG). Selon l’Anses, le 1,3-propanediol peut aussi servir de base, tandis que l’eau ou l’éthanol figurent parmi les autres ingrédients possibles.

Une jeune femme verse un liquide clair à partir d’un flacon dans un petit compte-gouttes sur une table.

Le rôle du PG et de la VG

Le PG est un liquide fluide : il porte les arômes, contribue à la sensation en gorge et facilite l’alimentation de certaines résistances. La VG, plus visqueuse, favorise à l’inverse un nuage plus dense. Le ratio PG/VG indique les proportions relatives de ces deux bases, un repère que vous retrouverez au moment de choisir votre matériel.

Saveurs de fraise, de menthe et de fruits rouges

Au-delà de la base, les arômes définissent le profil du liquide. Leur nom décrit une famille gustative, sans révéler la formule exacte ni garantir l’innocuité du mélange :

  • Fruités : la fraise ou les fruits rouges désignent des profils aromatiques, sans renseigner sur les ingrédients utilisés.
  • Frais et gourmands : la menthe ou la vanille relèvent du même principe, avec une formule propre à chaque fabricant.
  • Tabac : cette saveur décrit un goût et ne signifie pas nécessairement que le liquide contient des feuilles de tabac.

Un liquide peut aussi être proposé sans arôme. Les versions aromatisées, elles, conservent leur goût en l’absence de nicotine.

Ce que signifie la mention 0 mg/ml

La mention 0 mg/ml annonce un liquide sans nicotine. Elle ne garantit pas, à elle seule, l’absence analytique de traces. Cette concentration décrit en outre le liquide avant utilisation, et non la composition complète de l’aérosol inhalé après chauffage.

Le fonctionnement du matériel ne change pas : une batterie, une résistance et un réservoir ou une capsule chauffent le liquide pour produire un aérosol. Ce principe reste identique avec un liquide nicotiné ou à 0 mg/ml.

Qu’apporte l’absence de nicotine au vapotage ?

Retirer la nicotine modifie la sensation en gorge, la perception des arômes et le rapport à la dépendance. Ces trois changements comptent différemment selon votre profil de vapoteur, en particulier si vous réduisez progressivement votre dosage.

Hit et perception des saveurs

La nicotine contribue au hit, cette sensation de passage en gorge généralement plus marquée quand la concentration augmente. À 0 mg/ml, le passage est souvent plus doux. Les effets sur le goût varient selon l’arôme et le vapoteur :

  • Amertume : la nicotine peut accentuer celle de l’aérosol.
  • Irritation : elle peut aussi la renforcer, ce qui disparaît en partie sans nicotine.
  • Sucré : sa perception peut être atténuée en présence de nicotine.
  • Intensité : certains vapoteurs trouvent les saveurs sans nicotine plus rondes, d’autres moins puissantes.

Pour retrouver une sensation en gorge, une saveur à la menthe ou fraîche peut prendre le relais, sans reproduire l’apport de nicotine. Cette fraîcheur ne prouve pas une moindre irritation.

Dépendance, geste et sel de nicotine

Un e-liquide nicotiné peut entretenir une dépendance pharmacologique. Un liquide réellement dépourvu de nicotine évite cet apport, sans effacer nécessairement les habitudes liées au geste et aux moments de vapotage. Cigatronique distingue d’ailleurs ses bases neutres de ses boosters classiques et de son booster de sel de nicotine : ajouter l’un de ces boosters fait perdre au mélange son statut de liquide sans nicotine.

Dès qu’un booster entre en jeu, le taux de nicotine exprimé en mg/ml ne correspond pas à la dose absorbée : 10 ml à 10 mg/ml contiennent théoriquement 100 mg de nicotine avant usage. L’absorption réelle dépend du matériel et de vos habitudes.

Passage au 0 mg/ml et sevrage

Un ancien fumeur peut passer au 0 mg/ml après une réduction progressive, pour conserver temporairement le geste. Arrêter le tabac, arrêter la nicotine et arrêter de vapoter forment trois objectifs distincts, qui ne surviennent pas forcément au même moment.

Aucun calendrier universel ne fixe ce passage. Supprimer la nicotine alors que persistent un manque ou des envies de cigarette peut fragiliser la transition hors du tabac.

Une fois au 0 mg/ml, certains vapoteurs augmentent leur nombre de bouffées. Conserver le geste ne démontre pas à lui seul la réussite du sevrage : en France, les substituts nicotiniques, comme les patchs et les formes orales, sont des traitements de première intention recommandés.

Vapoter sans nicotine est-il sans risque ?

Vapoter sans nicotine supprime l’exposition à la nicotine du liquide si elle en est réellement absente. L’exposition aux autres constituants de l’aérosol demeure, avec des effets dont une partie reste mal connue.

Une fiole d’e-liquide verte avec capuchon noir et des volutes en arrière-plan.

Les substances présentes dans l’aérosol

Selon l’Anses, la composition du liquide avant chauffage ne suffit pas à décrire l’aérosol inhalé. Plusieurs sources d’exposition s’ajoutent à la base et aux arômes :

  • Composés carbonylés : la chauffe peut en former, notamment des aldéhydes.
  • Émissions métalliques : le matériel lui-même peut y contribuer.
  • Nouveaux composés : leur formation dépend de la composition, de la température et des conditions d’utilisation.
  • Constituants du liquide : certaines substances sont présentes avant toute chauffe.

La température joue donc un rôle central : dans une configuration étudiée avec un ratio PG/VG de 1:1, l’Anses relevait en juin 2025 une température moyenne de résistance de 215 °C.

Cette valeur varie selon le liquide, le débit d’air et le matériel. La toxicité de l’aérosol ne se déduit donc pas de l’étiquette du flacon.

Irritations et effets encore incertains

À court terme, l’inhalation peut s’accompagner de toux, d’irritation de la gorge ou de gêne respiratoire. Le propylène glycol peut aussi provoquer une gêne, une sécheresse buccale ou oculaire chez certaines personnes. Certains ingrédients aromatiques entraînent par ailleurs irritations ou allergies : leur usage alimentaire ne démontre pas leur sécurité lors d’inhalations répétées.

Sur le plus long terme, l’Anses examine des effets respiratoires et cardiovasculaires possibles ainsi que des risques cancérogènes suspectés. Le niveau de preuve varie selon les effets, et les risques à long terme restent insuffisamment caractérisés.

Cigarette classique, vapotage et non-fumeurs

Une méta-analyse de 2024 réunissant 15 études et 752 participants observe des variations plus importantes de certains paramètres cardiovasculaires avec nicotine que sans. Elle n’établit pas l’absence d’effet à 0 mg/ml. Une revue systématique de fin 2025, fondée sur neuf études, rapporte des signaux d’altération aiguë de la fonction vasculaire sans nicotine, avec des données trop hétérogènes pour en tirer un risque individuel à long terme.

La cigarette classique expose, elle, aux produits de combustion du tabac. Chez un fumeur adulte, son remplacement complet par la vape sans nicotine peut réduire certaines expositions. À l’inverse, une cigarette électronique sans nicotine n’apporte aucun bénéfice de sevrage à un non-fumeur et lui crée une exposition évitable.

Choisir et utiliser son liquide à 0 mg/ml

Le choix d’un liquide à 0 mg/ml repose sur trois vérifications : le contenu réel du flacon, sa compatibilité avec votre cigarette électronique et les règles qui encadrent sa vente en France.

Formats de 10 ml et de 50 ml

Un flacon de 10 ml à 0 mg/ml peut contenir un liquide prêt à vapoter, tout comme un flacon de 50 ml. Un 50ml n’est donc pas forcément un concentré : lisez l’étiquette plutôt que de déduire l’usage de la contenance. Le même réflexe vaut pour un 10ml, dont le format ne renseigne ni sur la formule ni sur le ratio.

Au-delà du 50 ml, les formats de 100 ml ou de 200 ml demandent de distinguer un liquide prêt à vapoter d’une base neutre destinée au DIY. Certains grands flacons laissent un espace libre au-dessus du liquide. Cet espace n’oblige pas à ajouter un booster : votre 50ml reste à 0 mg/ml tant que rien n’y est versé.

Cette liberté de format a une base légale : selon la DGCCRF, la limite de 10 ml s’applique aux recharges nicotinées et non à l’ensemble des flacons, comme le précisent les réponses de la DGCCRF sur les cigarettes électroniques. Un liquide sans nicotine peut ainsi être vendu en 50 ml, là où un liquide nicotiné reste limité à 10ml.

Format Contenu possible Point à vérifier
10 ml Liquide prêt à vapoter Étiquette et composition
50 ml Liquide prêt à vapoter, parfois avec espace libre Absence de concentré, ratio PG/VG
100 à 200 ml Liquide prêt à vapoter ou base neutre DIY Usage indiqué sur le flacon

Compatibilité avec la cigarette électronique

Une fois le format choisi, le ratio guide la compatibilité : un 70/30 PG/VG donne un liquide plus fluide qu’un 30/70 PG/VG. Le 50/50 PG/VG est un compromis fréquent, sans garantie de compatibilité avec chaque résistance. Riche en VG, un liquide peut mal alimenter les petites ouvertures d’une résistance et produire un goût de brûlé : la différence se joue sur la résistance et le tirage autant que sur le liquide.

En complément, amorcez toute résistance neuve selon sa notice et utilisez-la dans sa plage de puissance. Une résistance usée, une batterie endommagée ou un chargeur inadapté présentent des risques indépendants du taux de nicotine.

Étiquetage et règles françaises

En France, la vente des produits du vapotage aux mineurs de moins de 18 ans est interdite, même lorsque le liquide est à 0 mg/ml.

Pour les produits nicotinés concernés, l’arrêté du 19 mai 2016 fixe un maximum de 20 mg/ml, en plus de la limite de contenance citée plus haut. Les réservoirs ou cartouches préremplis concernés sont limités à 2 ml. Depuis le 26 février 2025, la loi n° 2025-175 interdit aussi les dispositifs préremplis non rechargeables en liquide, sans viser les liquides à 0 mg/ml ni les appareils rechargeables.

Selon sa composition, un liquide sans nicotine peut relever du règlement européen CLP sur l’étiquetage des mélanges. Depuis le 1er juillet 2026, les offres à distance concernées doivent afficher clairement les éléments d’étiquetage obligatoires. Les normes AFNOR XP D90-300 encadrent sécurité, qualité et essais, sans constituer une garantie d’innocuité.

Préparer son e-liquide sans nicotine en DIY

Le DIY sans nicotine consiste à mélanger une base PG/VG et un concentré aromatique destiné au vapotage, sans aucun booster. La préparation suit trois étapes : choisir les ingrédients, calculer les volumes, puis mélanger et conserver le flacon.

Éléments pour e-liquide DIY : flacon vide avec goutte à goutte, flacon gradué contenant une base verte et flacon concentré

Choisir une base et un concentré adaptés

Cigatronique propose des bases neutres déclinées en trois ratios, regroupées avec ses boosters dans la gamme de bases neutres et de boosters. Pour un mélange sans nicotine, seule la base sert. Avant d’ouvrir le concentré, vérifiez plusieurs points :

  • Le ratio de la base : 30PG/70VG, 50PG/50VG ou 70PG/30VG selon votre matériel.
  • L’usage du concentré : selon l’Anses, un arôme de qualité alimentaire n’est pas automatiquement adapté à l’inhalation.
  • Le dosage recommandé : il figure dans la documentation du fabricant.
  • La fiche de sécurité : elle signale les substances allergisantes et les précautions de manipulation.

Le concentré orange Solana, composé d’arômes naturels d’orange et fabriqué en France, se dilue à 10 % pour 100 ml de base. Comme le précise la fiche du concentré orange Solana, il contient du limonène, susceptible de provoquer une réaction allergique.

Calculer les volumes du mélange

Commencez par fixer le volume final et le ratio PG/VG compatible avec votre matériel. Le volume d’arôme s’obtient ensuite en multipliant le volume final par le pourcentage de dilution, puis en divisant par 100. Si les volumes sont additifs, 5 ml de concentré et 95 ml de base donnent 100 ml à 5 %. Le support du concentré, VG ou eau par exemple, modifie aussi le ratio final.

Pour éviter ces calculs, le calculateur DIY de Cigatronique détermine les quantités de base, d’arôme et de booster. Saisissez le volume final, puis le taux de nicotine, la dilution de l’arôme et le ratio PG/VG, avant de cliquer sur « Calculer ». À 0 mg/ml, aucun booster n’apparaît dans le résultat.

Mélanger et conserver sans négliger la sécurité

Mesurez les ingrédients avec précision sur une surface propre, puis versez-les dans un flacon adapté. Une fois fermé, le flacon s’étiquette avec la composition, les proportions, les arômes et la date de préparation. Pour le concentré orange Solana, Cigatronique conseille des gants et des lunettes, puis un repos de 3 à 7 jours : cette maturation développe l’arôme, sans rendre sûr un ingrédient inadapté.

Le flacon reste ensuite fermé, hors de portée des enfants et des animaux, à l’abri de la chaleur et de la lumière selon sa notice. En cas d’ingestion accidentelle, contactez immédiatement un centre antipoison ou les secours selon la gravité, sans provoquer de vomissement.

Foire aux questions

Une cigarette électronique sans nicotine convient-elle à une personne qui ne fume pas ?

Non. Pour un non-fumeur, elle n’apporte aucun bénéfice de sevrage et crée une exposition évitable à l’aérosol. Ne fumer ni vapoter reste l’option la plus favorable. Cigatronique indique d’ailleurs que son concentré orange Solana ne convient ni aux moins de 18 ans ni aux non-fumeurs.

Peut-on ajouter des huiles essentielles à un e-liquide sans nicotine pour en modifier le goût ?

Non. Huiles essentielles, huiles alimentaires, parfums ou additifs non prévus pour le vapotage ne doivent pas servir à modifier le goût ou la fluidité d’un e-liquide.

Peut-on utiliser la même cigarette électronique avec un liquide nicotiné et un liquide à 0 mg/ml ?

Oui, un même appareil rechargeable peut accueillir des liquides à différentes concentrations de nicotine, à condition qu’ils soient compatibles avec le matériel. Le principe de chauffe par la batterie, la résistance et le réservoir ou la capsule reste identique à 0 mg/ml.

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